Qu’est-ce que l’agroécologie, quels sont les enjeux pour l’agriculture et pour notre territoire ?

Agroécologie

Nous cherchons tous des réponses concrètes à nos inquiétudes et à nos préoccupations. Savoir d’où viennent les produits que nous avons dans notre assiette devient une évidence. Les différents scandales en la matière nous font prendre conscience de notre part de responsabilité dans nos modes d’achat. De la même manière, le restaurateur, l’épicier et la grande distribution devraient aussi être responsables dans leurs achats, transparents, pour proposer à leurs clients une certaine éthique de consommation.

L’agriculteur n’est pas exempt dans ce domaine. La façon dont il élève son bétail ou fait pousser ses plantes engage sa responsabilité dans l’élaboration du produit fini.

L’argument souvent avancé pour nous dédouaner de nos habitudes, ce refrain lancinant repris sans ambages, de façon si globale : le nerf de la guerre, c’est l’argent. Le consommateur s’exprime sur son pouvoir d’achat ; l’entrepreneur, sur son revenu. L’agriculteur comme tout chef d’entreprise doit maitriser ses coûts de production. Le consommateur, quant à lui, arbitre et fait des choix sur ses produits de consommation courante.

Soyons à notre tour clairvoyants. Le fournisseur, le producteur et le consommateur forment un tout et sont globalisés dans l’ENVIRONNEMENT. Ils sont à la fois acteurs et producteurs en fonction des moments de la journée ou de leur vie, chacun à leur niveau, à leur degré.

Intéressons-nous maintenant à l’agriculteur. Comment produire à la fois pour son client, son environnement et la terre nourricière qui est le support de son métier, tout en gardant les pieds sur terre, dans l’objectif viscéral de transmettre un jour la terre à son tour ?

Il lui est donné, par l’agroécologie, de choisir un mode cultural qui donne du sens à son travail et de façon plus essentielle à sa vie. Pourrait-il alors ressentir ce pouvoir de donner du sens aussi à son client par son acte d’achat ?
Je vais tenter d’analyser, de comprendre et de vous apporter des éléments de réflexion sur le sujet, dans un but assumé : vous sensibiliser.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale et le besoin criant de produire plus et plus vite afin de nourrir les populations affamées, nous avons entamé une course folle à la production. Comment ? En faisant l’inverse de nos aïeux : en injectant sur la plante des produits pour booster son développement. Cette technique s’est faite au détriment d’un acteur majeur : le sol.

Le monde agricole est aujourd’hui confronté à 3 enjeux principaux : garantir un revenu minimum aux agriculteurs, répondre à la diminution du nombre d’exploitations, et pallier la baisse des aides de l’État.

Une des réponses du premier enjeu est de diminuer le coût des produits dont l’agriculteur a besoin pour produire. C’est là où l’agroécologie prend tout son sens : moins de produits chimiques donc moins d’achats de produits phytosanitaires. L’engrais vert produit est, quant à lui, rendu au sol, ce qui a l’immense avantage de ne pas générer de dépenses d’engrais, etc.

La réponse au deuxième point est le regroupement de structures. C’est un moyen de mutualiser les méthodes de production. Les surfaces devenant trop importantes par rapport à la main d’œuvre allouée, les modes culturaux traditionnels posent un problème de faisabilité. Là encore, l’agroécologie répond à cette problématique par la suppression des labours. La faune et principalement les vers de terre font ce travail d’aération naturelle du sol.

À cela s’ajoute la diminution des aides de l’Europe qui, aujourd’hui, souhaite privilégier les bonnes pratiques agricoles. Mais les lobbies et les pressions, ajoutés aux difficultés économiques générales, ralentissent et fragilisent le montage jusqu’à le rendre, peut-être, caduc d’ici peu.

De l’avis du conseiller en agronomie que j’ai interrogé à ce sujet, François Hirissou, il est grand temps de se pencher sur des méthodes durables, pour pérenniser le métier d’agriculteur, nourrir les hommes et protéger de façon plus générale l’environnement dans lequel il exerce son métier et où nous vivons tous.

Au-delà des aspects techniques de mise en œuvre de l’agroécologie, il évoque lors de notre entretien, de façon poignante, que le défi majeur de cette bonne pratique qui allie l’économie, le bien-être, le bien-manger, qui favorise le social et donne de l’espoir à nos générations futures, c’est l’enjeu psychologique.

Il faut montrer que nos paysans ne sont pas des attardés vivant au fond des campagnes mais des Hommes et des Femmes qui prennent soin de nos assiettes, de l’air que l’on respire, et qui nous accueillent dans leur ferme pour nous parler de leurs valeurs : celles qui nous manquent parfois dans nos vies trépidantes.
Un défi aussi de l’intérieur, le qu’en-dira-t-on, le regard des parents, la pression des vendeurs de produits en tout genre, des voisins, etc.

Tous ces gens qui ne voient pas forcément d’un bon œil les changements qui s’opèrent dans nos campagnes. Ces bonnes pratiques agricoles sont le devenir des défis majeurs qui nous attendent TOUS : nourrir toujours plus de monde sur cette planète terre et la préservation de celle-ci pour permettre à nos enfants de s’y épanouir à leur tour.

Rendez-vous le 28 mai prochain pour une soirée-débat autour du thème des sols en agriculture à 21 heures au Domaine de la Rhonie. Soirée gratuite et ouverte à tous.

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